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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 22:03

 

Pourquoi nous avons appelé à voter Hollande au 2d tour

 

Pas seulement parce que nous voulions chasser Sarkozy, pas seulement par « discipline républicaine en faveur du candidat de Gauche le mieux placé », mais parce que nous avons longuement négocié en 2011 un accord politique de mandature pour 2012-2017 avec le Parti Socialiste.

Cet accord, conclu en novembre 2011, ne se réduit pas à 30 circonscriptions réservées par le PS à des candidats EELV pour les législatives.

Il contient des engagements programmatiques forts sur :

-La maîtrise de la finance et du système bancaire

-La réorientation de la politique européenne vers une politique de relance sélective, et la rupture avec l'austérité brutale imposée

-Une politique mondiale tournée vers un vrai développement durable et une autre politique d'immigration respectueuse des droits et stabilisée dans ses règles

-Une politique industrielle basée sur la relocalisation et la conversion écologique

-Une réforme de la politique agricole basée sur une haute qualité environnementale

-Une politique de la qualité de vie au travail et de promotion de l'emploi des jeunes et des seniors, de l'égalité hommes-femmes

-Une réforme fiscale rendant l'impôt plus juste et plus écologique

-Un engagement à faire de l'efficacité énergétique une priorité par la rénovation des bâtiments et une tarification progressive

-Un abandon du tout-nucléaire gagé par la création d'une filière du démantèlement des centrales et la fermeture immédiate de la vieille centrale de Fessenheim

-La montée en puissance des énergies renouvelables et l'intégration de l'énergie dans un grand ministère du développement durable

-Une politique des transports réduisant la place de l'auto en ville, favorisant les transports collectifs

-Une politique éducative remise sur les rails de l'égalité

-Une réduction des inégalités de revenu

-Un accès à la santé renforcé par une politique de prévention et une réforme du financement des hôpitaux

-Une politique du logement forte pour écologiser l'habitat et garantir le droit opposable au logement pour tous

-Une nouvelle politique de tranquillité publique stabilisant les règles et garantissant les moyens d'agir aux agents publics (police, justice)

-Une lutte effective contre toutes les discriminations

-Une véritable concertation dans la Révision Générale des Politiques Publiques dont l'économie de moyens ne sera plus le but unique ni prioritaire

-Une garantie de la séparation des pouvoirs et de la dé-présidentialisation des institutions de la République : modification de la composition et renforcement du rôle du Conseil Constitutionnel, introduction du scrutin proportionnel dans l'élection des députés, abrogation de la réforme territoriale de 2010 supprimant notamment le scrutin proportionnel aux régionales, relance de la décentralisation, indépendance des magistrats et des grands médias garantis par de nouveaux mode de nomination des magistrats et des présidents de l'audiovisuel public.

 

Tous ces chantiers, considérables, devront être menés avec un groupe écologiste à l'Assemblée et au Sénat, artisans des lois.

Il n'empêcheront pas les écologistes de continuer à mener le débat dans la société sur les aspects insuffisants à nos yeux de cet accord, notamment :

-sortie du nucléaire (civil et militaire);

-politique des transports (refus des grandes infrastructures contraires à la transition écologique : aéroports, autoroutes nouvelles); etc...

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : politique nationale
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 19:48

 

Mes chers et chères compatriotes. Les urnes ont parlé.

Je tiens à remercier avec chaleur les 828 381 Françaises et Français qui m’ont apporté leur suffrage, et ce faisant ont défendu par leur vote l’écologie, l’Europe, et la république exemplaire.

Dans cette campagne j'ai voulu dire la vérité. La vérité sur le pouvoir en place, la vérité sur les tabous français, la vérité sur l'urgence écologique.

Je veux redire ce soir, que l’écologie est bien le grand défi du temps qui vient. Aucune politique ne pourra réussir sans entamer d’urgence une transition écologique basée sur la conversion de l’économie, la lutte contre le réchauffement climatique, le choix des énergies renouvelables et la protection des écosystèmes.

Chacun doit désormais prendre ses responsabilités.

J’appelle, dès à présent, toutes celles et ceux qui ont voté pour moi, et au-delà, toutes celles et ceux qui sont attachés aux valeurs de la république, à tout faire pour que notre pays sorte enfin du sarkozysme, en se rassemblant autour de la candidature de François Hollande, qui doit désormais porter toutes les couleurs de la gauche et des écologistes.



Par ce soutien sans ambiguïté, je veux signifier qu’il nous faut restaurer les valeurs de la république, lutter contre l’esprit de clan qui a prévalu ces cinq dernières années, redonner un souffle à notre démocratie et à nos institutions pour rétablir un lien de fierté et de confiance entre notre pays et ses représentants politiques.

Il y va de la morale républicaine : la défense de privilèges indus, l’absence de respect des règles qui fondent notre morale publique doivent d’urgence connaître un terme. Il y va surtout de l’intérêt général : notre pays doit retrouver le sens du bien commun.

Mais il ne s’agit donc pas simplement de battre un homme. Il faut qu’une société nouvelle voit le jour, porteuse d’un modèle de développement plus respectueux des êtres humains et de la planète. Dans les semaines et les années qui viennent, les écologistes continueront à agir à vos côtés en ce sens.

Nous voulons donc construire une nouvelle majorité, rassemblant la gauche et les écologistes bien au-delà du seul parti du président. Cette majorité devra être une majorité de combat.

Une majorité de combat, pour la justice d’abord : la répétition des solutions classiques n’est plus possible. Il faudra de l’imagination et de la détermination, pour ne pas retomber dans les ornières du passé et décevoir l’espoir de nos compatriotes. La justice devra être la boussole de la nouvelle majorité.

Une majorité de combat, pour l’Europe ensuite : sans une nouvelle ambition européenne, rien ne sera possible. Il faut un nouveau traité européen qui mette enfin la solidarité et l’écologie au cœur de la construction européenne. L’Europe doit redevenir un espoir pour les Françaises et les Français.

Une majorité de combat pour l’écologie enfin : la France doit sortir du nucléaire, lutter contre le dérèglement climatique, convertir son économie au développement durable et faire de la protection de l’environnement un principe de gouvernement.

La France est une belle nation, une nation citoyenne fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité, mises à mal par le président sortant. Faites que par votre vote du second tour, notre pays retrouve le chemin de la justice et de l’avenir.

Eva Joly

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : politique nationale
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 23:41

 

Jean-Marc LUCE, candidat sur la 1e circonscription (Est du département dont Tarbes-Nord et centre)
suppléante : Izabelle THINOT

 

Marie-Laure BONDON, candidate sur la 2e circonscription (Ouest du département dont Tarbes-Sud)

suppléant : Henri LOURDOU

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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 19:45

L'imposture Le Pen, le Front de Gauche et les écologistes



Comme beaucoup d'électeurs, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres un argumentaire du Front de Gauche contre « l'imposture Le Pen ».


Excellente idée, dont je regrette que le budget de campagne étriqué d'Eva Joly (sondages obligent : quand on est annoncé bien en-dessous de 5%, on ne peut engager beaucoup de dépenses : elles ne seront pas remboursées) n'ait pas permis à EELV d'en faire autant.


Nous partageons beaucoup des arguments avancés :

-Marine Le Pen ne défend pas le pouvoir d'achat des plus démunis, ni la retraite à 60 ans (mais faut-il la défendre pour tous ? Personnellement je partirai à 65 ans après des études poursuivies jusqu'à 30 ans : je ne trouve pas cela scandaleux), ni les services publics, ni la laïcité.

Par contre elle défend les riches, et elle est une candidate du « système »en place.

Elle défend des idées stupides concernant l'immigration, en faisant croire qu'elle serait responsable de tous les maux. Ce faisant elle divise les salariés, alors qu'ils devraient se rassembler pour lutter contre leurs vrais ennemis : les capitalistes financiers. Et cela alors même que les immigrés rapportent, eux, des milliards à la France par leur travail.


Fort bien. Mais le Front de Gauche fait l'impasse sur 3 idées-force du FN qui concernent au premier chef les écologistes :

-Le refus de la transition écologique de l'économie, et notamment la transition énergétique, à travers la sortie du nucléaire et la lutte contre la précarité énergétique par l'investissement prioritaire dans l'isolement des bâtiments;

-Le refus du désarmement nucléaire, instrument d'économies budgétaires importantes et facteur de paix dans un monde où la prolifération des armes nucléaires s'appuie sur le monopole arrogant de quelques puissances, dont la nôtre.

-La volonté de sortie de l'euro et de retour au Franc qui frapperait en premier lieu le pouvoir d'achat des plus démunis en renchérissant de 30% nos importations, et qui signerait l'abandon de toute ambition de construction d'une vraie solidarité européenne et de dépassement du nationalisme.


Sur ces 3 domaines, Eva JOLY est la seule candidate à avancer des propositions constructives : elle démontre ainsi que l'écologie est la solution aux multiples crises que connaît notre monde. Et de cela, même les sondages ne peuvent en nier la vérité.

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : politique nationale
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 18:10

 

A propos des 2 derniers traités européens : le MES et le TSCG :

Le point de vue de l'ex-eurodéputé Vert Alain LIPIETZ

Pourquoi des eurobonds ?

Qu’est ce que le « Mécanisme Européen de Stabilité » ? Essentiellement une institution qui émettra des eurobonds pour prêter aux pays membres en difficulté, prenant ses décisions rapidement et à la majorité qualifiée. Voir le traité ici.

Je suis pour les eurobonds, c’est à dire des emprunts émis par l’Europe (enfin, l’eurozone) à la place des États qui ne peuvent plus emprunter, et c’est exactement ce qu’émettra le MES. Le MES pourra acheter directement des obligations émise par des États endettés (ce qu’on appelle « monétiser »), ou négocier des plans de sauvetage auprès d’un pays trop endetté pour qu’une banque lui fasse crédit. Pour cela, il peut émettre des emprunts sur la marché international : les eurobonds. Il dispose pour garantir ces emprunts de fonds propres (comme une banque). Après, rien n’interdit plus à la BCE de racheter les Eurobonds, ou d’en prendre en pension, ou de souscrire directement les eurobonds émis par le MES : je suis aussi pour la « monétisation (raisonnable) des dettes », c’est à dire l’émission de monnaie par la BCE en échange de reconnaissance de dettes.

C’est exactement ce que recommandait la « Déclaration de Paris » du congrès du parti vert européen, après 6 mois de négociations avec les Verts allemands. Les Allemands (et les Verts des pays « vertueux ») ne voulaient pas d’une monétisation directe des dettes publiques (le financement de la loi TEPA et autres cadeaux de Sarko aux riches, ni des conneries des gouvernements grecs successifs, par la planche à billet européenne), et nous non plus. On a dit « OK, on intercalera un machin de mutualisation des dettes entre les gouvernements nationaux et la BCE, et un autre machin pour financer la conversion verte ». Ce machin, c’est le MES, l’autre machin, c’est la BEI.

Un verrou a sauté avec le MES, premier pas vers un vrai trésor public européen, capable d’emprunter en gageant sur sa fiscalité future etc. Mais nous n’en sommes pas encore là et à mon avis ce prochain saut fédéraliste européen mériterait de passer par la procédure normale : une convention ouverte à la société civile, avec une participation du PE et des parlements nationaux à l’élaboration du nouveau traité, etc.

Mais faut-il vraiment payer toutes les dettes des Etats endettés ?

Non, toutes les dettes ne sont pas à payer, même en les mutualisant dans le MES. L’annulation d’une partie importante de la dette grecque a commencé. La déclaration de Paris du Parti Vert Européen recommandait 60 % d’annulation, on est déjà plus loin avec l’accord du mardi 21 février. Mais ce n’est pas la même chose que le MES, qui mutualise des dettes qu’on a bien l’intention de payer (à la Chine, etc). Ne confondons pas.

Et rien n’interdit évidemment, dans le traité MES, d’annuler ou renégocier une partie de la dette.

Bien sur, tout mécanisme de solidarité aidant à payer les dettes des voisins est une machine à retarder leur faillite (on dit « faire défaut »). Et j’affirme depuis le début de la crise (en 2008) qu’une partie de la dette mondiale accumulée devra être annulée ou rééchelonner à très long terme parce que la crise est bien une crise d’insolvabilité : le modèle des années 1980-2010 est caduc. Donc il est erroné de s’acharner à tout payer. Le problème de l’annulation est que, tout de suite après, il faut réemprunter : et qui acceptera de prêter à quelqu’un qui refuse de rembourser les dettes passées ? C’est ce qu’on appelle le problème de la "new money".

Donc tous les plans de sauvetage d’un pays endetté (cf les plans Brady pour l’Amérique Latine) sont mixtes : on annule une partie, et pour la suite, on jure qu’il ne sera plus jamais plus question d’annuler, et d’ailleurs on confie à un emprunteur « crédible » la tache d’emprunter.

Mais nous savons tout cela : c’est expérimenté sur la Grèce. Une faillite unilatérale de la Grèce en 2010 aurit été une catastrophe : personne n’aurait plus rien prêté à la Grèce pendant une génération, et encore, on aurait attendu un « retour de fortune ». Un pays ne peut « faire défaut » qu’à condition de pouvoir "tenir" avec 0% de déficit au moins pendant quelques années, le temps de négocier "ce qu’on paiera quand même", ce qu’a fait l’Argentine de 2002 à 2005. J’y étais, c’était bien plus dur que la vie en Grèce aujourd’hui, ils ont tenu grâce à l’économie sociale et solidaire, et finalement ils n’ont obtenu qu’une annulation de 50 % de leur dette.

MAIS une fois que la mutualisation est acquise, par bricolage comme aujourd’hui sur la Grèce ou formellement demain avec le MES, on peut sans grand risque annuler de la dette, car la « new money » sera empruntée par des pays qui n’ont pas fait défaut.

L’État grec est dans ce cas des pays à qui les banques ne lui prêtent plus, sauf avec un énorme malus (le « spread »). Donc seule la solidarité des autres pays (qui s’endettent en son nom) ou demain du MES (en émettant des eurobonds) lui permet aujourd’hui de payer ses dépenses : remboursement des dettes qui n’ont pas été annulées, et dépenses courantes, paie des fonctionnaires etc. Donc il est normal qu’une partie des prêts à la Grèce soient fléchés "remboursement des dettes en cours", c’est le but de la manoeuvre, sinon les pays qui s’endettent à la place de la Grèce auraient à subir, de manière directe, la même défiance et le même spread (malus sur le taux d’intérêt) que la Grèce.

On se demandera peut être : "pourquoi pas annuler 100 %" ? A cause des effets systémiques : c’est mettre en faillite les banques qui ont prêté au gouvernement grec. Par exemple, la dette grecque était détenue, fin 2011, à hauteur de 7 milliards par des banques françaises, 8 milliards par les banques allemandes et... 49 milliards par des banques grecques ! Donc en Grèce, "faire défaut" c’est faire défaut contre ses propres banques, donc contre leurs déposants, c’est à dire contre les retraités et salariés qui reçoivent leur paies du mois (certes rognées mais pas encore nulles !) sur leur compte en banque, ce qui est impensable (quoique l’Argentine de Lavagna l’ait fait : Coralito puis Coralon, c’est à dire qu’un prof d’université se retrouvait du jour au lendemain sans rien !) À moins que l’Etat grec assume la garantie des dépôts... et pour ça se réendette ! On se mord la queue.

C’est pourquoi une partie importante du "plan de secours " de mardi dernier sert à recapitaliser les banques grecques, ruinées (et non pour, comme le dit le Front de Gauche, « garantir leur rentes »).

Donc en fait le MES sert à permettre des défaut partiels ordonnés. Mais il faut pour cela que le MES, qui permet de prêter à un emprunteur qui n’a plus aucun accès au crédit, soit lui un emprunteur « béton », qui remboursera inconditionnellement ses dettes (ses eurobonds) sans jamais faire défaut, au moins aussi béton que l’Allemagne d’aujourd’hui.

Certains diront peut être "mais les MES n’a qu’à demander à la BCE de lui imprimer des euros pour rembourser". Ok, et c’est sans doute ce qui se passera, comme c’est déjà le cas (la BCE a déjà racheté pour 44 milliards de la dette grecque). Mais si on imprime sciemment de la monnaie pour "ne pas vraiment rembourser", cela veut dire qu’on paie avec un monnaie fondante (même légèrement) : l’euro. Mettons que les Chinois anticipent que ce financement par la planche à billet provoque une dévalorisation de l’Euro par rapport au yuan et au dollar de 3 % par an (ce que je souhaite par ailleurs, mais c’est un sujet plus large) . Le « spread » sur les eurobonds du MES sera alors de 3 % .

Une institution irresponsable ?

On trouve sur le web et dans la presse « noniste », contre le MES, les arguments usuels contre la BCE, « institution irresponsable politiquement, dirigeants bénéficiant de l’impunité, représentant les pays les plus riches et non pas les citoyens européens », etc.

Faux , et il suffit de lire le texte du traité.

D’abord les gouverneurs du MES ne sont autres que les ministres des finances des pays membres, responsables devant leur parlement, et les administrateurs sont « révocables à tout moment ». Le Conseil du MES est directement politique et regroupe des gouvernements élus. Tout se monde y jouit des immunités usuelles de quiconque se déplace à l’étranger pour ses taches officielles, tels les diplomates, les députés européens les dirigeants du FMI. Et, comme tous les fonctionnaires, ils ne peuvent faire l’objet de poursuite "à raison des actes accomplis dans l’exercice officiel de leurs fonctions". Ils ne sont pas « au dessus des lois » pour le reste : le prototype en est un certain président du FMI, arrêté dans un avion et présenté menotté à la presse pour avoir agressé sexuellement une femme de ménage. Ce ne sont pas des petits Chirac.

Quant à la clef de pondération pour le calcul de la majorité qualifiée et les engagements de versements (car la principale contrepartie du MES, c’est que pour bénéficier de la solidarité des autres, il faut s’engager « irrévocablement » à être solidaires des autres) fait problème à certains. Ils voudraient que les droits de vote et les obligations de participation à la mutuelle qu’est le MES soient proportionnels à la population ? Alors voyons voir ce que ça donne : la clef de répartition est dans l’annexe 1 du traité MES, c’est en gros la pondération selon la part du pays dans le produit intérieur européen.

Au conseil du MES, l’Allemagne pèsera 9,6 fois plus que la Grèce, alors que sa population n’est que 7,5 fois plus grande. Ce n’est pas une distorsion énorme (28%) : les écarts entre populations des circonscriptions législatives françaises sont bien plus considérables ! Et au parlement européen, l’Allemagne ne pèse que 4,5 fois la Grèce !

Et voyons la contrepartie. Exemple : un réacteur nucléaire explose en France. Selon l’IRSN, le coût pourrait être de 1000 milliards d’euro. Il sera inutile de s’égosiller que « cette dette est illégitime parce que l’EDF (et l’UMP, et l’UDF-Modem, et le PCF et le PS) nous ont imposé le tout-nucléaire sans demander notre avis ». Il faudra trouver ces 1000 milliards, en sus du surendettement français existant. Et seul le MES acceptera de les prêter, en les empruntant à la Chine ou à l’Arabie saoudite. La Chine demandera évidemment aux membres du MES d’apporter leur garantie au MES pour 1000 milliards nouveaux. Le traité dit que, « sous 7 jours », l’Allemagne devra s’engager pour 271 milliards et la Grèce pour « seulement » 28 milliards. Est-ce vraiment injuste ? On préfèrerait que la Grèce s’engage pour 36 milliards ?

Enfin, le traité dit que le prêt du MES à la France sera soumis à une « conditionnalité adaptée à l’instrument d’assistance financière choisi. » Il est probable que les voisins de la France demanderont que la France arrête ses autres réacteurs, comme le Japon l’a fait après Fukushima. Est ce déraisonnable ?

Un lien avec le « pacte budgétaire » ?

Mais bien entendu, les craintes sont avivées par les conditions atroces, aussi criminelles qu’inefficaces, imposées à la Grèce. Il serait facile de dire « oui, mais justement c’est avant le MES ; si le MES avait existé en 2009 on n’en serait pas là ». Il est surtout juste de dire que « les plans imposés à la Grèce ne sont pas dans le traité MES » ! Il faut se battre contre les plans imposés à la Grèce, il faudra se battre contre les plans que, avec ou sans le MES, la droite européenne voudra imposer à l’Espagne, par exemple, mais ce sera à chaque fois un combat différent. Nous sommes pour la solidarité, cette solidarité impose que le pays bénéficiaire soit « responsable » (contrairement à Sarkozy ou Karamanlis), mais ce n’est pas en faisant payer les pauvres qu’on solde les dettes des riches.

Sauf que le MES est présenté comme couplé au « traité de sauvegarde, de coordination et de gouvernance » (TSCG), dit « pacte budgétaire » », ce traité exigeant lui-même de ses signataires de s’imposer constitutionnellement un quasi équilibre budgétaire, hors variations conjoncturelles. Cette règle est en effet une imbécillité économique pouvant conduire (mais pas forcément, si ce sont les riches qui sont taxés…) à une monstruosité sociale. Or, nous dit-on, pour bénéficier du MES il faudra avoir ratifié le TSCG. Voyons cela.

Quand on lit le traité MES, on s’aperçoit que ce couplage n’est dans aucun de ses articles. Évidemment : puisque, d’une part le TSCG n’existe pas encore, et d’autre part le MES s’adresse à des pays incapables de rembourser une dette écrasante, donc ne respectant pas le TSCG. Il n’y a pas de « Article 2 . Le MES est ouvert aux pays qui respectent le TSCG » (dans ce cas ils n’ont pas besoin du MES), ni même « Article 2. Le MES est ouvert à ceux qui auront ratifié le TSCG », et c’est ça le plus intéressant.

La mention d’un couplage n’est qu’un « considérant », dans le préambule rappelant le contexte du traité, ce qui n’a aucune valeur juridique contraignante. Il vaut la peine de le lire :

[Considérant que :] Le 9 décembre 2011, les chefs d’État et de gouvernement d’États membres dont la monnaie est l’euro ont convenu d’évoluer vers une union économique plus forte comprenant un nouveau pacte budgétaire et une coordination accrue des politiques économiques qui devront être mis en œuvre au moyen d’un accord international, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire ("TSCG"). Le TSCG aidera à développer une coordination plus étroite au sein de la zone euro afin d’assurer une bonne gestion durable et solide des finances publiques et donc de répondre à l’une des principales sources d’instabilité financière. Le présent traité et le TSCG sont complémentaires dans la promotion de pratiques budgétaires responsables et de la solidarité au sein de l’Union économique et monétaire. Il est reconnu et convenu que l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du MES sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification du TSCG par l’État membre concerné et, à l’expiration du délai de transposition visé à l’article 3, paragraphe 2, du TSCG, au respect des exigences dudit article. »

Autrement dit (d’ailleurs non : explicitement dit), c’est une "convention entre ces chefs de gouvernements", à la date du 9 décembre 2011. Un "gentlemen agreement". Ni plus ni moins. C’est "convenu" entre eux : leurs ministres des Finances, qui seront les gouverneurs du MES , n’accorderont de prêts, après le 1er mars 2013, qu’aux pays qui auront signé le TSCG.

Et pour les autres ? Ils pourront le faire (rien ne s’y opposera dans le MES), mais ils ne le feront pas, c’est promis... par eux, qui ne seront plus au pouvoir, je l’espère, en 2013. Et leur successeurs trouveront un MES qui permet de renflouer les États qui n’auront pas signé le TSCG, mais qui « compromettent la stabilité financière européenne ». TSCG qui d’ailleurs ne sera probablement pas voté en l’état.

En réalité, si les chefs d’État et de Gouvernement, le 9 décembre, avaient cru pouvoir faire voter le TSCG, ils auraient commencé par celui-là et le traité MES aurait contenu l’article 2 "Le MES est ouvert aux signataires du TSCG et à eux seulement". Il n’en était pas question (puisque le problème est de sauver ceux qui ne le respectent pas), or il fallait dire au marchés, d’urgence "on paiera pour la Grèce, pour l’Italie, vous inquiétez pas"

Alors pourquoi ce cirque ? Toute la presse sérieuse l’expliquait au lendemain du 9 décembre : il fallait à la fois rassurer les marchés sur le fait qu’on ne laisserait pas toute l’Europe du Sud tomber en faillite, et pour cela il fallait créer une mutuelle des remboursements . Mais en même temps il fallait un autre signal, pour les électeurs allemands, suédois, hollandais, finlandais : "Les laxistes, ça suffit !" . C’est le problème de "l’alea moral" : les États, comme les banques, sont "trop gros pour faire faillite", alors ils en profitent (les États, pas les peuples). Le couplage ainsi annoncé voulait dire : « On les renfloue maintenant , mais on vous jure que maintenant on les tient à l’œil ! »

Cause toujours : l’Allemagne elle-même est infiniment loin d’observer la règle des 60 % d’endettement, mais on a pensé le 9 décembre que ça pouvait , un peu, « rassurer les marchés ».

Ça n’a pas du tout rassuré les marchés, parce que les marchés, comme le FMI, attendent une politique de relance en Europe. Pour que les entreprises retrouvent leurs marchés et leurs profits.

Et nous aussi, mais… une relance verte, pour affronter la crise écologique.

 

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : Europe
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 19:56

 

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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 13:48

 

FUKUSHIMA : un an après

la catastrophe continue...

 

Le 11 mars 2011 débutait la terrible catastrophe nucléaire de Fukushima. À ce jour, les réacteurs éventrés continuent d’exposer des millions de Japonais à la radioactivité et de contaminer le pays pour des milliers d’années.

Un an plus tard, le 11 mars 2012, réagissons ensemble. Dénonçons le risque de catastrophe nucléaire en France, et invitons fermement la France à saisir l'opportunité d'une transition énergétique.

D'autres pays européens sortent du nucléaire, alors pourquoi pas nous ?
Parmi une délégation française d’élus de communes qui « accueillent » des centrales sur leur territoire (Chinon, La Hague, Fessenheim...), venus en visite à Fukushima,Yves Dauge, adjoint au maire de Chinon, affirme dans l’édition du 1er février du journal le Monde : « C'est clair, aujourd'hui, il faut affirmer la nécessité de sortir du nucléaire". "Cela doit être accompagné d'une réflexion sur la stratégie énergétique, précise-t-il. Mais c'est d'autant plus fondamental que le nucléaire devrait coûter de plus en plus cher."

Une forte majorité de Français souhaite la sortie du nucléaire. Mais un bulletin de vote ne suffira pas pour forcer nos gouvernants à engager la nécessaire transition énergétique. C’est en descendant dans la rue, en nous mobilisant par dizaines de milliers, de manière pacifique et déterminée, que nous arriverons à créer un rapport de force. En organisant une grande chaîne humaine entre Lyon et Avignon, le 11 mars prochain, nous souhaitons nous rendre visibles sur plus de 200 km dans la vallée du Rhône.

Localement, nous appelons à rejoindre nos voisins basques dimanche 11 mars à 11H30 à Bayonne (Place Paul-Bert), RDV co-voiturage à 9h30 parking sortie Ouest de Tarbes de l'A64 pour exiger la sortie du nucléaire et l'arrêt immédiat de la centrale de Garoña.

A quelques kilomètres du Pays Basque, cette centrale nucléaire construite entre

1966 et 1970 est la plus vieille d'Espagne encore en activité (bien plus ancienne que celle

de Fessenheim !).

Nucléaire Non Merci 65

Courriel : nucleairenonmerci65@laposte.net Blog :nucleairenonmerci65.unblog.fr

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 13:45

 

Peut-on échapper à la sobriété énergétique ?

 

Comme souvent, Michel ROCARD pose de bonnes questions : mais apporte-t-il la bonne réponse ?

Fustigeant la sortie du nucléaire "imposée par les Verts" (en fait par l'opinion majoritaire) dans différents pays, il argue que ce faisant on ne tient pas compte de la raréfaction du pétrole qui peut conduire à des situations de pénurie dramatique, voire à la guerre civile.

Mais un danger incommensurable bien que seulement probable (un accident nucléaire majeur en France) doit-il être préféré à un danger certain mais mesuré (la raréfaction et la hausse du prix du pétrole) ? Ou faut-il s'efforcer de changer les termes du problème ?

C'est bien la responsabilité des politiques que de prévoir, et pas seulement subir et s'adapter !

En engageant dès maintenant de façon volontariste une politique de sobriété énergétique, on peut encore éviter les 2 pires auxquels Michel ROCARD semble nous condamner.

 

C'est tout le sens des propositions d'Eva JOLY pour une autre politique énergétique :entrer dans l'avenir les yeux ouverts, et non à reculons !

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : politique nationale
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 09:40

 

Sauver la Grèce c'est sauver l'Europe et c'est nous sauver nous-mêmes !

Contre le projet de traité « Merkozy » soutenons la mobilisation appelée par la Confédération Européenne des Syndicats mercredi 29 février ! (à Tarbes : manifestation à 10h30 Bourse du Travail)

Nous reprenons les propos tenus à Athènes le 18 février par Eva JOLY :

« Pourquoi, en tant que candidate à l’élection présidentielle française, me suis-je rendue en Grèce ?

Parce que ce qui se passe là-bas ne fait que préparer une récession dans toute l’Europe.

Les premières mesures qu’a subies la Grèce, nous les connaissons déjà : forte hausse de la TVA, recul de l’âge de la retraite, diminution du nombre de fonctionnaires.

Nous devons remplacer le pacte de stabilité qui est devenu un pacte d’austérité, par un pacte de solidarité.

Nous devons permettre un grand plan d’investissement écologique au niveau européen, pour qu’en Grèce comme dans le reste de l’Europe, nous puissions prendre la voie de la transition écologique et de la création de nouveaux emplois. C’est ce que les Grecs attendent aujourd’hui.

Nous devons réussir un fédéralisme budgétaire qui mette en commun un budget européen, un impôt commun et les moyens d’agir.

Nous avons besoin d’un Mécanisme Européen de Solidarité.

J’ai écrit une lettre il y a quelques mois à l’ensemble des candidats à la présidence de la République , je renouvelle mon appel : mettons-nous tous autour d’une table et allons proposer les véritables solutions au niveau européen. Allons rencontrer l’opposition allemande, qui elle n’a pas choisi la cure d’austérité imposée par Merkel et Sarkozy.

Je lance un appel à toutes celles et ceux qui croient dans l’Europe. Nous devons sauver la Grèce pour sauver l’Europe. Nous pouvons sauver l’Europe pour sauver l’ensemble des citoyens du péril de la récession.

L’austérité n’est pas une fatalité. La Grèce ne peut pas attendre. L’Europe ne peut pas attendre.»

Les parlementaires EELV voteront contre le nouveau traité.

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : Europe
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 09:37

 

L’EAU DE PLUIE GRATUITE, VEOLIA ET LA CONVERSION ECOLOGIQUE

 

Dans sa dernière note d’information (n°8) envoyée avec les factures d’eau, Véolia, concessionnaire de nombreux réseaux d’eau, fait de « l’ information » sur l’utilisation de l’eau de pluie, à sa manière, pas vraiment désintéressée.

Sous un titre rappelant que l’eau de pluie n’est pas potable, Véolia cite comme seules utilisations libres « l’arrosage, le lavage des sols et des voitures ». Et cache qu’elle est également autorisée depuis l’arrêté du 21 août 2008 pour les chasses d’eau des toilettes. Or, cet usage représente 25 à 30% de nos consommations…

Il y a donc une belle économie sur la facture d’eau pour chaque famille, une moindre consommation de produits chimiques de traitement en amont, un moindre besoin de ressources en eau et d’équipements de traitement pour les collectivités. Il faut pour cela faire installer par un plombier un dispositif de récupération et de rétention, et une distribution séparée pour les toilettes. Mais tout cela, c’est bon pour chaque famille, c’est bon pour les plombiers, mais ce n’est pas très bon pour le concessionnaire, qui vendra moins d’eau. Donc, le concessionnaire de cette mission d’utilité publique ment purement et simplement dans son information la plus officielle. Bien entendu, Véolia ne rappelle pas non plus d’autres dispositifs d’économie d’eau, comme les chasses 3/6 l, les limiteurs sur robinets, etc.

Et cela rappelle que pour l’eau comme pour l’énergie, la prise en compte de l’écologie, c’est une économie pour chacun de nous, et ça crée du travail pour s’adapter, pour cesser de gaspiller. C’est vrai pour l’eau, c’est vrai bien sûr pour l’énergie (et la vague de froid de cet hiver montre les ravages des habitats passoires pour les plus pauvres) ; en fait c’est vrai dans tous les domaines, logement, transports, industrie, agriculture. La conversion écologique de l’économie, c’est l’enjeu principal, c’est l’issue de la crise pour chacun et pour la société. C’est le cœur de la campagne d’Eva Joly à ces élections présidentielles.

Par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées - Publié dans : politique nationale
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