Modèle de délibération pour les communes refuges

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

<<Nom de la Collectivité>>, « Territoire Refuges »

Exposé des motifs

Ces derniers mois, l’Europe voit arriver à ses frontières de nombreux réfugiés poussés par les crises politiques, militaires, économiques et climatiques. Il est du devoir de tout être humain de porter assistance à ses semblables et il n’est pas acceptable que ceux qui sont en capacité d’aider ne prennent pas leur part.

C’est d’ailleurs cette prise de conscience individuelle qui pousse des familles françaises à se mobiliser à travers des plateformes collaboratives pour proposer des hébergements aux familles de réfugiés en détresse.

Tous les ans, notre collectivité rend hommage aux victimes des tragédies de notre histoire et se fait un devoir d’assurer la transmission du souvenir auprès des jeunes.

L’histoire est en train de s’écrire sous nos yeux et nous devons, dans un élan humain et républicain, porter assistance, dans la mesure de nos moyens.

D’après de nombreux experts, le nombre de ces populations en détresse ne fera qu’augmenter, notamment à cause des crises climatiques à venir.

Aussi, l’objet de cette délibération vise à déclarer notre commune « Territoire Refuge », à identifier et mettre à disposition des logements vacants ou toute autre structure permettant d’accueillir dignement les réfugiés en lien avec les associations concernées et les initiatives citoyennes locales.

Délibération

Le conseil Municipal de <<Nom de la collectivité>> déclare que la commune s’engage dans une démarche de « Ville Refuge » pour participer à la hauteur de ses moyens à l’accueil des populations réfugiées.

Le conseil municipal mandate le Maire pour :

  • mobiliser les services techniques pour identifier les possibilités d’accueils sur le territoire de xxx

  • signer tout document permettant de bâtir des conventions avec des associations ou des organismes qui s’occupent de l’accueil des réfugiés sur le territoire national.

  • de faire appel à toutes subventions et tous financements prévus par la loi pour d’éventuelles mises aux normes et d’éventuelles rénovations de bâtiments.

  • de communiquer au Préfet le nombre de places disponibles pour accueillir les réfugiés qui arrivent sur le territoire français.

Le sang des réfugiés coule dans nos veines

05 septembre 2015 | Par Les invités de Mediapart

Gérard Onesta, vice président du Conseil régional de Midi Pyrénées et ancien vice président du Parlement Européen EELV, rappelle ici que sa région « est celle qui, en France, a été la plus fortement confrontée à la question de l'accueil des migrants au cours du XXe siècle ». Et adjure « cette gauche, visiblement encore perturbée par les débats malsains sur « l'identité nationale », de s'inspirer des valeurs de notre Occitanie et de notre Catalogne. »

"Quand le passé n'éclaire plus l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres" (Tocqueville)


Dire qu'il a fallu qu'Aylan meure noyé pour que nos dirigeants, débordés par l'émotion planétaire face à ce gamin en qui chacun a reconnu le sien, sortent de leurs postures cyniques et prennent enfin la mesure de ce flot de détresse qui s'échoue à nos portes. Il est des déclarations compassionnelles bien trop tardives pour être sincères, mais au moins nous permettent-elles de nous pencher sur l'attitude qu'ont eue nos aïeux en de telles circonstances.

Si l'Histoire de nos territoires est écrite d'une encre riche de mille sources, ma région Languedoc Roussillon / Midi Pyrénées est celle qui, en France, a été la plus fortement confrontée à la question de l'accueil des migrants au cours du XXe siècle.


Dès les années 1920, elle a fait face à l'afflux de réfugiés italiens fuyant devant Mussolini. Mes grands-parents furent de ce voyage et l'engagement anti fasciste de ma famille fut la cause première de cette migration. Mais surtout, nous avons connu l'exil des républicains espagnols, un événement politique considérable qui a marqué notre terre. Cette Espagne républicaine qui - comme disait Nougaro, a "en nous poussé un peu sa corne" - nous a, au travers de ses multiples descendants, transmis la mémoire et les valeurs de cet exil tragique. N'oublions pas que le 24 Août 1944 les premiers éléments de l'armée française qui libéraient Paris parlaient espagnol. Les soldats de la "Nueve" étaient tous des réfugiés.

Plus tard, nos ports et nos villes accueilleront les vagues de migrants d'Algérie. Ainsi les eaux de Port-Vendres verront des milliers de rapatriés en déshérence débarquer en 1962, mais c'est leur installation sur le sol métropolitain qui permettra le développement des villes de Perpignan et de Montpellier, comme l'essor économique de nos campagnes.


Cette histoire particulière est lourde de déchirements, mais elle fait notre force et notre identité d'aujourd'hui. Alors nous lançons un appel pour qu'elle inspire le gouvernement de M. Valls afin qu'il mette en place une vraie politique d'accueil humaniste à l'égard des migrants. Car nous avons souffert de voir ce gouvernement balayer jusqu'à hier la proposition de répartir en Europe l'accueil des demandeurs d'asile pour faire face à l'afflux de malheureux fuyant ces guerres que nous n'avons pas su ou voulu éviter. Prenons notre « juste part », comme disait Michel Rocard, de ce devoir de solidarité universelle, plutôt que de pleurer hypocritement sur les milliers de cadavres qui couvrent, en vagues honteuses, cette Méditerranée qui a fondé notre civilisation.


Personne n'a oublié les images insupportables des forces de l'ordre de notre République harcelant ces miséreux dans les rues de Paris, alors qu'aucune prise en charge digne de ce nom n'est organisée pendant l'examen de leurs droits. Personne ne peut tolérer de voir des gares internationales barricadées ou des frontières hérissées de barbelés obscènes et dérisoires, Et de façon plus large, personne ne devrait non plus se réjouir de complaisantes ventes d'armes à des régimes dictatoriaux qui engendrent toujours, à terme, le flux du désespoir. L'Europe, comme la France, récoltent là le fruit de leur incurie, qu'au moins elles n'y ajoutent pas l'indécence de l'égoïsme.

Nous adjurons cette gauche, visiblement encore perturbée par les débats malsains sur "l'identité nationale", de s'inspirer des valeurs de notre Occitanie et de notre Catalogne. Messieurs Hollande et Valls devraient s'appuyer sur la force plurielle des racines profondes de la France, par exemple sur la "Convivència", cet art du "vivre ensemble" qui sous-tend toute la culture méridionale et a permis l'apport positif des vagues de migrations.

Nous croyons à l'universalité de cette République métisse qui coule dans nos veines.

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