Séméac : le mur de la honte et ce qu'il nous a enseigné

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

Avant l'élévation de ce mur par le "collectif des riverains", puis sa destruction par ce même collectif, dont le porte-parole, conseiller municipal de la majorité tarbaise depuis 2008, a admis rétrospectivement que ce n'était pas "un symbole heureux", la Cimade et RESF avaient sollicité, par une lettre du 17 julllet à la maire de Séméac et à la préfète-voir ci-après- une table ronde pour organiser au mieux l'accueil des exilés.

A cette date, tant la municipalité que le collectif campaient sur un refus total de l'ouverture de ce centre d'hébergement.

Il est donc notoirement faux que l'action du "collectif des riverains" ait obtenu une "amélioration des conditions d'ouverture de ce centre". C'est bien plutôt la mobilisation associative et politique, matérialisée par le rassemblement de 300 personnes du 26 juillet qui a obligé municipalité et collectif à reculer sur leur refus initial, tout en obligeant l'Etat à prendre ses responsabilités en matière de concertation.

Il reste que ce mur a donné nationalement une image négative de Séméac et de la Bigorre : de cela, ce "collectif" et ceux qui l'ont soutenu dans la municipalité de Séméac restent comptables.

Nous demeurerons vigilants pour que le droit à un accueil digne des exilés soit une réalité sur notre territoire.

Lettre envoyée le 17 juillet par la Cimade et RESF :

Objet : Demande de rencontre sur l'accueil respectueux des demandeurs d'asile.

À Madame la Préfète des Hautes-Pyrénées

Madame la Maire de Séméac

 

 

Madame la Préfète,

Madame la Maire,

Nous prenons connaissance dans la presse locale de ce jour du texte adopté par le Conseil Municipal de Séméac "contre la transformation de l'hôtel Formule 1 en centre d'accueil ou d'hébergement d'urgence".

Nous prenons note des objections formulées.

Il nous semble cependant que cette motion comporte un grave manque.

Si, comme le dit le conseil municipal de Séméac, il est bien "conscient qu'il n'est pas tolérable que dans un pays comme la France, à Séméac comme dans le pays tout entier, des femmes seules ou avec des enfants, des hommes, des familles, des personnes âgées, des adolescents vivent dans la rue, qu'ils soient français ou venus d'ailleurs", que propose-t-il comme alternative à l'ouverture du centre prévu ?

Il nous semble qu'il est de la responsabilité d'élus de se concerter avec les services de l'Etat pour trouver une solution.

S'il ne s'agit pas que d'une posture visant à calmer (de façon illusoire à notre avis) le déchaînement des plus bas instincts tel qu'il s'est déjà manifesté à propos de ce projet, alors la municipalité de Séméac doit prendre ses responsabilités en proposant une alternative.

Une fois de plus le dialogue, la rencontre des personnes concernées permettrait de désamorcer les a-priori négatifs et d’ouvrir des perspectives de solutions. A cet effet, la Cimade et le Réseau Éducation Sans Frontières se proposent comme facilitateurs d'une telle démarche en apportant leur connaissance des publics concernés.

D'autres acteurs associatifs pourraient faire de même afin de sortir de cette situation conflictuelle par le haut. Et non par la légitimation et l'encouragement des propos et attitudes xénophobes et "pauvrophobes", déjà trop présents.

En vous remerciant par avance de votre réponse, que nous souhaitons rapide et positive, nous vous prions d'agréer nos salutations de bénévoles motivés.

Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Mesdames, nos meilleures salutations.

Tarbes le 11 juillet 2017

Pour la Cimade 65,

Jean-Luc Planet, Vice-Président

Pour RESF 65,

Jean-Louis Imbert coordonnateur du RESF 65

Séméac : abattons le mur de la honte !

Un collectif auto-proclamé de riverains a monté un mur afin de bloquer les travaux d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile. Nous, militant-e-s et citoyen-ne-s des Hautes-Pyrénées, condamnons avec la plus grande fermeté cette action aux relents nauséabonds qui rappellent d’autres situations et d’autres projets, passés et présents, tout aussi violents.

Nous affirmons que bâtir des ponts et non des murs est la seule issue porteuse d’avenir pour toutes et pour tous.

Depuis plusieurs mois, le projet de transformation de l’hôtel Formule 1 en centre d’accueil suscite des peurs et des fantasmes entretenus par les services de l’Etat qui ont œuvré sans aucune concertation avec les élus locaux, la population ni les acteurs associatifs. Dès lors, les discours alarmistes et parfois xénophobes ont pris le pas sur le dialogue et la réflexion.

Nous exigeons des autorités qu’elles fassent démolir ce symbole lamentable qui entache notre département. Nous voulons que les Hautes-Pyrénées demeurent fidèles à leur tradition d’accueil, d’ouverture et d’humanité.

Il faut que tout soit mis en œuvre pour que la prise en charge de ces populations déjà durement éprouvées soit assurée dans les meilleures conditions, par des professionnels qualifiés et en nombre suffisant, et dans des locaux réellement adaptés.

Nous exigeons également que les organisations impliquées et reconnues, telles que la Cimade, la Ligue des Droits de l’Homme et le Réseau Éducation Sans Frontières, participent à la table ronde qui aura lieu vendredi à la Préfecture.

Nous appelons à deux rassemblements :

mercredi 26 juillet à partir de 17h30 devant ce mur, 1 rue du 8 Mai 1945 (rond-point de la piscine),

vendredi 28 juillet à partir de 11h devant la Préfecture de Tarbes.

organisations signataires : Réseau Éducation Sans Frontières 65, Ligue des Droits de l’Homme Tarbes-Bagnères-Lanemezan, Cimade 65, Attac 65, CGT 65, FSU 65, Parti Communiste Français 65, France Insoumise 65, Nouveau Parti Anticapitaliste 65, Parti Socialiste 65, Ensemble ! 65, Europe Écologie Les Verts 65

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