11 avril 2008 : Loi OGM

Publié le par Les Verts Hautes-Pyrénées

 

Le 11 avril 2008.

Communiqué :

Loi OGM et retour de la famine,

les vrais enjeux.

 

Le 8 avril, à 10 voix de majorité seulement, l'Assemblée nationale a voté en 2e lecture le projet de loi concernant les Organismes Génétiquement Modifiés. Ce texte ainsi adopté doit à présent passer devant le Sénat. S'il l'adopte dans les mêmes termes, la loi est réputée adoptée. Sinon, une commission mixte Assemblée-Sénat doit trouver un texte de compromis. Faute de quoi c'est l'Assemblée qui a le dernier mot.

Or ce texte est insatisfaisant à bien des égards, si ce n'est, grâce à l'amendement 252, qui prévoit la protection des filières non-OGM de la contamination génétique.

Dans l'immédiat, la priorité est donc de sauver cet “amendement 252” en poussant le gouvernement à prendre clairement position pour son maintien.

Pour cela nous appelons tous les citoyens soucieux d'éviter la contagion par les OGM de toutes les autres filières de production à signer la pétition. La pétition peut être signée sur Internet à l'adresse http://amendement252.blogspot.com/

 

Mais ce projet reste globalement insatisfaisant.

Insatifaisant parce qu'il autorise sans avertissement des consommateurs la présence de 0,9% d'OGM dans tous les produits agricoles.

Insatisfaisant parce que les OGM pesticides, à la différence des autres pesticides, n'ont jamais été testés dans les mêmes conditions que les autres sur la chaîne alimentaire et humaine.

Insatisfaisant parce que la responsabilité juridique da la contamination OGM est portée exclusivement sur les agriculteurs utilisateurs et non sur les semenciers fournisseurs.

Insatisfaisant parce qu'il crée un délit spécifique de “destruction d'OGM”... sans créer pour autant un statut protecteur pour les “lanceurs d'alerte” en cas de danger sanitaire ou environnemental, statut que d'autres pays ont déjà créé.

Insatisfaisant enfin parce qu'il n'a visiblement pour objet que de protéger les intérêts privés des grandes sociétés semencières dont l'action n'a en rien pour objet d'améliorer le sort de l'humanité, mais seulement de garantir les profits de leurs actionnaires.

Or les “émeutes de la faim” qui touchent aujourd'hui les pays les plus pauvres nous démontrent, s'il était encore besoin, que nous sommes arrivés aux limites supportables d'un mode de développement. Ce ne sont pas les OGM qui sauveront ces gens-là de la famine, mais la remise en cause d'un productivisme outrancier qui ne respecte ni l'environnement ni les hommes, pour les besoins du seul profit immédiat.

Les paysans du Tiers-monde ne s'y sont pas trompés : de l'Inde à l'Afrique, ils refusent la mise en tutelle par les multinationales pourvoyeuses de semences OGM. Ils savent que leur avenir repose sur l'instauration du “droit des peuples à se nourrir eux-mêmes”.

 

En refusant cette loi nous sommes à la fois les garants de la santé publique, de l'environnement, et de la solidarité entre les peuples.

Publié dans politique nationale

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