Conseil municipal Tarbes 31-10 : Réseau de chaleur

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

 

Réseau de chaleur au bois : un projet mal-mené ?

 

Absent lors des deux derniers Conseils municipaux des 31-10 et 18-11, l'un pour raison familiale, l'autre pour raison professionnelle, j'ai néanmoins suivi les ordres du jour de ces deux conseils.

Le premier était un conseil extraordinaire convoqué pour décider du choix de l'opérateur de la Délégation de Service Public d'un réseau de chaleur à chaudière au bois.

Ce projet, dont j'avais soutenu dès le départ le principe, est complexe et pose de nombreux problèmes. C'est la raison pour laquelle la délibération abordée lors du Conseil du 30-9 avait été repoussée par le Maire, qui souhaitait l'unanimité du Conseil.

Juste initiative, car le temps supplémentaire qui nous a été accordé m'a permis de faire une recherche sur les réseaux comparables déjà en place.

J'ai donc constaté que le taux de perte en ligne de 39% d'un tel réseau annoncé par l'opérateur Dalkia (filiale de Véolia et EDF) est supérieur à la moyenne qui est autour de 30%; la raison tient sans doute au fait qu'il serait alimenté par un couple de chaudière situées dans une chaufferie centrale en bout de réseau, d'une puissance de 16 MW pour une longueur totale de réseau de 18,35 km. Or, le seul réseau de taille comparable en France, celui de Bourges (géré par le concurrent Cofély, filiale de GDF-Suez), comporte, pour une même longueur de réseau (18 km), 3 chaudières , 2 d'une puissance de 8 MW, ce qui semble correspondre au dispositif prévu à Tarbes, mais aussi une 3e d'une puissance de 5,5 MW, ce qui fait un total de 21,5 MW.

Une raison majeure de ce sous-dimensionnement est qu'il permet d'échapper au régime d'autorisation des Installations Classées Pour l'Environnement (ICPE), demandant diverses enquêtes et consultations, au profit d'une simple déclaration auprès de la préfecture.

J'ai transmis cette information à mes collègues de l'opposition.

Elle n'a apparemment pas donné lieu à débat. Mais d'autres point sont été soulevés qui les ont amenés à s'abstenir. Je dois donc dire ici clairement que je me serais aussi abstenu, magré tout l'intérêt que je continue à porter à la promotion de ce type d'installation. En effet, son bilan environnemental est nettement supérieur aux énergies "traditionnelles"pour les émissions de Gaz à Effet de Serre, selon l'étude commanditée par l'Ademe en 2005 :

Bilan effet de serre Chauffage collectif en kg éq. CO2 pour la production d'1 MW h utile chez l'usager

Ecorces et sciure 8

Broyats 14

Plaquettes forestières 24

Electricité 105

Gaz 242

Fuel 490.

 

ADEME Synthèse du bilan environnemental du chauffage collectif et industriel au bois Décembre 2005 p 8.

 

Par ailleurs, le coût de l'approvisionnement en combustible semble devoir devenir rapidement très avantageux, surtout s'il s'appuie sur une filière locale de production qu'il pourrait puissamment aider à se développer.

 

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