Déchets ménagers : un point de vue associatif

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

Grand Tarbes Ecologie

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65 000 TARBES.

Affiliée à France Nature Environnement 65

 

Fédération Départementale d’Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement

des Hautes-Pyrénées. Agrée au titre des articles:

- art. 40 de la loi du 10 juillet 1976

- art. L 160-1 du Code de l’Urbanisme.

 

Pour un vrai débat public sur la gestion de nos déchets ménagers

 

On ne peut que se réjouir de voir enfin la population locale se mobiliser sur la question. Encore faut-il s'emparer du problème dans sa totalité et du point de vue de l'intérêt général.

Faute de quoi la crédibilité des manifestations serait gravement entachée du soupçon d'égoïsme (« pas de ça chez moi, mais chez le voisin je dis pas »).


Il convient donc de rappeler quelques éléments. Tout d'abord que le volume de nos poubelles a doublé en quelques décennies. Même si c'est le résultat en partie d'une meilleure sensibilité aux dépôts sauvages, qui nous pousse à mettre à la poubelle ce que parfois nous abandonnions en pleine nature, il y a là l'effet d'un mode de vie consumériste qui nous pousse à acheter toujours plus de produits souvent suremballés et en tout cas conditionnés pour être conservés plus longtemps ou transportés au loin.

Le devenir de ces déchets fait l'objet d'attentions nouvelles : tri sélectif, recyclage et réutilisation sont enfin à l'ordre du jour. Mais cela a un coût, bien sûr.

Cela a permis ces dernières années de stabiliser voire de réduire légèrement le volume de déchets à traiter.

La solution de facilité, encouragée par certaine sociétés privées (Suez-Lyonnaise des Eaux, Véolia, SAUR : les mêmes que pour l'eau et l'assainissement) a été longtemps de recommander l'incinération. Jusqu' au jour où de « mauvais esprits » ont mis en évidence ses effets pervers :

-coût non maîtrisé

-pollution (scandale de l'incinérateur de Gilly en Savoie)

-découragement du tri et de la réduction du volume des déchets.

L'enfouissement des déchets ultimes a longtemps eu mauvaise presse en raison du choix souvent non rationnel des sites (on a continué d'enfouir là où on enfouissait déjà sans aucune étude d'impact préalable : exemples à Lourdes-Mourles et à Bénac); mais aussi en raison de l'absence de tri en amont des déchets à enfouir (la fermentation et la présence de métaux lourds ont généré des pollutions et des désagréments aux riverains : odeurs...).


L'enjeu du nouveau plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés pour 2010-2020, adopté fin 2010 par le Conseil général, est triple :

-réduire les déchets à la source : c'est sur ce point qu'il est le moins volontariste, et c'est ce que nous avons soulevé lors de la concertation préalable. Le contre-argument des élus est de dire que la population n'est pas prête à se mobiliser sur ce terrain. Est-ce le cas ? Nous pensons que pour cela il faut un effort de communication supplémentaire et des outils à la disposition du public (voir le succès de la mise à disposition de composteurs par le Symat).

Il reste à faire appliquer la loi Grenelle 2 par les hypermarchés (mise à disposition de plateformes de déballage pour leurs clients, qui devrait à terme encourager les distributeurs à minimiser les emballages). A faire une communication spécifique en direction des touristes : ce sont les moins trieurs de déchets. Etc

-mieux trier et recycler : la collecte sélective est entrée dans les moeurs, mais il faut la pousser plus loin. Le SMTD doit expliquer plus clairement les conditions d'efficacité du pré-traitement mécano-biologique qu'il veut mettre en place, et les effets qu'il en attend sur la qualité de ce qui restera à enfouir. L'exemple des Deux-Sèvres, département de taille comparable au nôtre,(voir http://www.dechets79.org/ ) montre qu'il permet de réduire d'1/3 le volume de déchets à enfouir et de n'enfouir que des déchets stabilisés et non agressifs pour l'environnement.

-réutiliser : c'est dans ce domaine que beaucoup reste à faire. Malgré quelques initiatives (projet de ressourcerie en discussion sur Tarbes autour du Symat), il reste encore à créer un véritable réseau départemental de remise en circulation d'objets réparables ou réutilisables.


Ce sont tous ces éléments qui devraient permettre d'aborder de façon plus sereine la question du choix du futur site d'enfouissement (public, et non confié au privé comme ce fut le cas à Lourdes, et ça l'est encore à Bénac) de nos déchets ménagers ultimes . Celui-ci doit obéir à une série de critères qui sont publics et dont la hiérarchisation est l'objet du débat (légitime) qui reste devant nous.

 

Au SMTD d'en fournir tous les éléments pour permettre à chacun de se faire une idée motivée. Et aux élus locaux de trancher dans le cadre de leurs instances départementales (SMTD composé de délégués des syndicats de collecte eux-mêmes désignés par leur conseil municipal, pour avis; et Conseil général pour décision). Dans ces avis et décision, c'est l'intérêt général du département qui doit prévaloir : celui-ci doit être au coeur du débat.


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