Des élections japonaises à Notre Dame des Landes

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

 

Des élections japonaises à Notre Dame des Landes :

une crise générale de la représentation démocratique

 

Les Japonais ont renouvelé leur Parlement le 16 décembre. La forte abstention (avec 40,68 % d'électeurs ne s'étant pas déplacés pour voter, il s'agit du record depuis 1945), de dix points supérieure à celle de 2009, est analysée par les médias et analystes politiques comme le signe d'un vote sanction du Parti Démocrate au pouvoir, sans espoir réel suscité néanmoins par le Parti Libéral-Démocrate, vainqueur par défaut. Celui-ci s'est prononcé pour une réouverture des centrales nucléaires et des mesures favorables aux grandes entreprises et à l'armée. La droite nationaliste progresse également.

Par ailleurs,il faut noter l'échec de la coalition anti-nucléaire du Parti du Futur : alors qu'elle disposait, grâce aux dissidences issues du Parti Démocrate en 2012, d'un vivier de 62 sortants, elle ressort du scrutin avec 9 députés en tout. Ceci alors même que les sondages d'opinion montrent une majorité de 76% de Japonais favorables à l'arrêt définitif des centrales nucléaires.

Ce paradoxe d'une élection sans vrai vainqueur doit nous interroger.

Au moment où, en France aussi, le désenchantement politique l'emporte face aux contradictions apparentes entre promesses et réalisations gouvernementales, la question du positionnement des partis est posée.

L'affaire de Notre Dame des Landes cristallise au moins trois problèmes :

-Problème du rapport entre l'engagement de la transition écologique, et notamment énergétique, et la persistance à vouloir développer le transport aérien comme vecteur de développement économique d'une région;

-Problème de l'adhésion des populations impactées par un projet à la pertinence de ce projet et donc du type de dialogue démocratique à mettre en place ;

-Problème de la présence au gouvernement d'un parti opposé sur le terrain à un projet soutenu et porté par le Premier ministre et le parti majoritaire.

Ces 3 problèmes principaux posent une question commune : celle de la définition du bien commun à travers un vrai débat dont les modalités restent à définir.

On voit bien que les procédures électorales habituelles ne suffisent plus, comme le montre à l'évidence l'exemple japonais. Les gouvernants désignés par le suffrage universel n'ont plus de caractère sacré et intouchable. Leurs décisions sont interrogées et mises en doute par une opinion à la fois de plus en plus éclairée, et de plus en plus victime des rumeurs et des simplifications. Faire la part des informations et arguments justifiés et des préjugés et des rumeurs infondés devient un impératif démocratique majeur.

Pour cela la responsabilité des média devient de plus en plus lourde. Or ceux-ci sont loin d'être toujours à la hauteur. Eclairer l'opinion par des faits et des arguments vérifiés devrait pourtant être leur exigence première.

En ce qui nous concerne, à Europe Ecologie Les Verts, nous nous engageons à placer le débat public à cette hauteur. Il en va de l'avenir de la démocratie à l'âge de la rumeur Internet.

Publié dans Monde

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