Face à la crise

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

 


Notre modèle social peut-il survivre en l'absence d'Etat fédéral européen ?

Avec l'accélération de la crise financière, c'est la question posée, par la divergence des modèles économiques entre Etats de la zone euro depuis 10 ans. L'économiste Christian Saint-Etienne en présentait ainsi les termes dans une tribune du « Monde » le 23-7. Un premier groupe de pays, « centré autour de l'Allemagne », a choisi de développer son industrie et ses exportations en abaissant les coûts de production et dégage aujourd'hui 4% du PIB d'excédents commerciaux; alors qu'un second groupe, centré sur la France; l'Italie et l'Espagne, a privilégié la consommation et les loisirs sur la production industrielle et connaît un déficit commercial de 2 à 4% du PIB. « Le point-clé est que la moitié des excédents de la zone Nord se fait au détriment de la zone Sud. Or, l'approche officielle pour traiter les déséquilibres de la zone euro consiste à demander à la zone Sud d'adopter le modèle exportateur de la zone Nord. »

Une telle approche est évidemment absurde : si tant est que cette démarche était suivie, il s'ensuivrait une fragilisation de l'ensemble par une contraction du marché intérieur européen.

Dès lors la seule alternative est soit une fédéralisation de la zone euro, mutualisant les dettes publiques, soit une sortie échelonnée de l'euro des pays les plus forts pour permettre aux autres de rétablir leur balance commerciale par le taux de change en dévaluant l'euro.

La première solution apparaît peu probable à C. Saint-Etienne pour des raisons politiques. Il plaide donc pour la 2de solution en faisant valoir qu'elle ne s'imposera que « lorsque les dettes publiques de la France et de l'Italie seront attaquées, car aucun gouvernement ne peut prendre cette décision à froid. »

Mais cette façon de traiter la crise s'imposera-t-elle d'elle-même à chaud, davantage que la solution fédérale, tant elle est à l'évidence aussi politiquement délicate ? Elle implique en effet que l'Allemagne se ferme elle-même des débouchés extérieurs en prenant cette décision !

Par ailleurs, certains (à droite : Nicolas Dupont-Aignan, à l'extrême-droite : Marine Le Pen, mais aussi à gauche : Jacques Nikonoff) préconisent une sortie française unilatérale de l'euro. Outre qu'elle impliquerait de toute façon une baisse du niveau de vie (dévaluation donc inflation) et un plan de rigueur sur les dépenses publiques, cette fausse solution entraînerait aussi nos voisins dans la crise en leur fermant notre marché.

On peut au contraire raisonnablement penser que l'avancée rapide de l'idée fédérale depuis quelques mois peut encore s'accélérer en une prise de conscience collective par les peuples de la solidarité européenne nécessaire.

Plus que jamais, l'Europe sera fédérale ou ne sera pas !

C'est-à-dire un gouvernement européen élu par les citoyens européens, et non plus une addition de gouvernements nationaux égoïstes et impuissants; impuissants parce qu'égoïstes.

Les choses peuvent très vite avancer en ce sens si les citoyens des différents pays poussent dans cette direction.

Solidarité ou loi du marché : il faut choisir !

Europe Ecologie-Les Verts et sa candidate aux élections présidentielles Eva Joly ont choisi la solidarité : c'est ce choix que nous proposons à nos concitoyens de soutenir pour faire face à une crise qui ne cesse de s'aggraver.

Publié dans politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article