Réagir face à la lepénisation rampante

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

Le retour des vieilles peurs

 

Réagir face à la lepénisation rampante

 

Des Etats généraux extraordinaires des organisations constituant leRéseau Education Sans Frontières (RESF) 65 se sont tenus lundi 8 décembre 2014.

Etaient présents, outre la poignée de bénévoles qui fait vivre quotidiennement ce réseau depuis juillet 2006, les associations Cimade, FCPE, Ligue des Droits de l'Homme, les syndicats CFDT (UD et Sgen), CGT (UD et Educ'actions), FSU (Snes et SnuIPP), Solidaires (UD et Santé-Sociaux), les partis EELV, Ensemble, NPA , PCF et PG.

 

Ce fut l'occasion d'établir un constat inquiétant sur les pratiques de la préfecture en matière de demandes d'asile, le positonnement de nos députés locaux et les projets gouvernementaux en matière de réforme du droit d'asile, et plus largement sur l'état d'esprit qui se répand à la faveur des abandons successifs face à l'offensive des idées d'extrême-droite dans notre pays comme dans toute l'Europe.

 

Il est temps aujourd'hui de réagir et d'unir nos forces pour lancer la contre-offensive, en nous appuyant sur quelques valeurs de base qui sont notre patrimoine commun : la défense de la dignité humaine et de la solidarité entre tous les humains, basée sur le droit universel au logement, à la santé et à l'éducation, aujourd'hui de plus en plus ouvertement bafoué.

 

Les demandeurs d'asile sont dans notre département de plus en plus maltraités : retard systématique à l'accès au droit à l'hébergement pour les familles de primo-arrivants, qui ne sont mises à l'abri, de façon le plus souvent très précaire, qu'après des recours en référé au Tribunal Adminstratif; assignation à résidence systématique de tous les déboutés en procédure prioritaire (originaires de pays dits "sûrs") avant que leur recours en Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA) ne soit examiné, avec expulsion systématique du Centre d'Accueil (Cada).

Ces pratiques génèrent des difficultés croissantes de scolarisation pour les enfants, balottés d'un lieu à l'autre.

L'état de santé des individus est systématiquement sous-estimé : c'est un faux prétexte à régularisation et "ils peuvent aller se faire soigner dans leur pays d'origine".

 

A toutes ces tracasseries nouvelles, un fond commun, donné par un de nos parlementaires au cours d'une rencontre avec Resf : "Quelle est la capacité de la France d'absorber ça (NB : 60 000 demandes d'asile l'an dernier) quand on a 3 millions de chômeurs et 5,5 millions de personnes en précarité ?"

Mettons cela en rapport avec le discours du pape au Parlement européen le 25 novembre : "On ne peut tolérer que la Mer Méditerranée devienne un grand cimetière ! Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’accueil et d’aide. L’absence d’un soutien réciproque au sein de l’Union Européenne risque d’encourager des solutions particularistes aux problèmes, qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, favorisant le travail d’esclave et des tensions sociales continuelles. L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants." (« Le moment est venu d’abandonner l’idée d’une Europe effrayée et repliée sur elle-même »)

On voit où se situe aujourd'hui le sens de la solidarité et des valeurs de base qui ont donné naissance au syndicalisme et à la Gauche.

Le projet de loi "asile" actuellement en discussion devant l'Assemblée nationale, et qui doit être voté mardi 16 décembre, a pour but de mettre la France en conformité avec les directives européennes en améliorant l'accueil et les procédures. En réalité, comme nous l'a confié ce même parlementaire, il s'agit en accélérant les procédures de rendre les mesures d'expulsion des déboutés plus effectives qu'elles ne sont aujourd'hui, et d'éviter dorénavant toute mesure de régularisation pour raison humanitaire, car "on ne peut accueillir toute la misère du monde" (comme s'il s'agissait vraiment de cela !).

 

En conséquence, les participants à ces Etats Généraux proposent à leurs organisations respectives :

 

-Une participation aux 15 parrainages républicains d'enfants de demandeurs d'asile qui auront lieu à la mairie de Capvern samedi 13 décembre à 10h30

 

-L'organisation d'une conférence de presse lundi 15 décembre à 18h dans les locaux de la FSU pour exprimer les inquiétudes concernant la nouvelle loi "asile" et son application, en rappelant notre attachement commun au respect des 3 droits universels au logement, à la santé et à la scolarité pour tous.

 

-L'organisation d'une campagne d'information commune sur la situation des demandeurs d'asile et le respect des droits universels à partir d'un document commun qui sera élaboré par Resf d'ici début janvier.

 

-Des actions communes ultérieures pour faire respecter ces droits dans notre département.

Publié dans politique nationale

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