SCoT Tol : l'enquête publique et l'avis d'un élu écologiste

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Hautes-Pyrénées

 

Le projet de Schéma de Cohérence Territoriale Tarbes Ossun Lourdes arrive à sa phase finale : l'enquête d'utilité publique. Les commissaires enquêteurs recueillent l'avis de tous le scitoyens concernés jusqu'au 24 octobre. Ci-après l'avis que j'ai déposé en tant que conseiller municipal de Tarbes :


Henri LOURDOU

Conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts de Tarbes

Bureau Hôtel Brauhauban, RDC, salle n°2

Tél/fax 05 62 44 38 32

Mobile : 06 07 79 92 56

Courriel : eelesverts65@orange.fr

 

 

à

M le Président de la Commission

d'Enquête Publique sur le SCoT TOL

 

 

 

 

 

Tarbes le 19 octobre 2011 .

 

 

Monsieur,

 

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-après les arguments d'un élu local opposé aux avis rendus par sa collectivité, la municipalité tarbaise(lettre à M le président du Syndicat Mixte SCOT de Tarbes Ossun Lourdes du 8-6-11) sur le DOG du projet de SCOT TOL.

Malgré un avis "globalement favorable", la commune de Tarbes tient à émettre des remarques dont la teneur tend à restreindre ou à invalider les orientations contenues dans ce DOG :

1) Concernant le "positionnement des grands équipements structurants du territoire" (point 2.3 du DOG),la commune émet le souhait que le projet d'évolution de l'équipement hospitalier prenne la ville de Tarbes "comme lieu d'implantation possible" d'un nouvel hôpital,compte tenu que "la commune pourrait dégager facilement le foncier nécessaire". Soyons clair : il s'agit là d'une prise de position en faveur d'un nouvel établissement privé-public sur le site voisin de la clinique Pyrénées-Ormeau. Ce projet aurait pour effet de mettre en difficulté la survie de l'hôpital public de Lourdes et de remettre en cause le site actuel de l'hôpital public de Tarbes, tout en absorbant des espaces voisins jusqu'ici préservés (aérodrome et golf de Laloubère) afin de créer un nouvel accès routier. Il s'agit là d'une atteinte au droit des patients à un hôpital public de proximité et une dangereuse gabegie de fonds publics, étant donnés les investissements récemment consentis sur les deux hôpitaux publics. De plus,les transports supplémentaires engendrés par un site unique vont à l'encontre des orientations du ScoT en la matière.

2)Concernant les "orientations en matière d'habitat" (point 3.1 du DOG) la ville de Tarbes revendique de fait une baisse de son % de logements sociaux au prétexte qu'elle concentrerait davantage de tels logements que les communes périphériques : une telle approche néglige le fait que de nombreux services publics, souvent vitaux pour les populations des logements sociaux, sont implantés dans la commune centre et que donc leur accessibilité est plus aisée pour ses résidents.

De la même façon le refus de penser les nouveaux logements dans le cadre d'opérations d'ensemble relève d'une même logique de spéculation privée, sous le fallacieux prétexte de "disponiblités foncières limitées" (qui n'apparaissaient pas aussi "limitées" lorsqu'il s'agissait d'implanter un hôpital privé-public...)

Enfin, concernant une seconde aire de grand passage pour les gens du voyage, en sus de celle d'Ibos, la ville se positionne de façon indigne en prétendant "qu'une seule aire devrait suffire et qu'elle n'est pas forcément à implanter sur l'aire de l'agglomération". Position d'autant plus hypocrite quand on sait le refus, tout aussi indigne, de la communauté de communes du canton d'Ossun de l'accueillir.

3) Concernant les "modalités d'urbanisation" (point 3.2.1) la commune de Tarbes refuse la formulation d'une "réduction au moins équivalente des zones à urbaniser des précédents documents d'urbanisme en cas de création ou d'extension de zones urbanisées ou à urbaniser". Ce faisant elle vide de sa substance l'orientation qui la sous-tend : stopper l'étalement urbain et économiser l'espace. L'argument utilisé est fallacieux : les propriétaires de terrains à urbaniser ne verront pas leur situation remise en cause si la ville ne crée pas de nouvelles zones à urbaniser !

Concernant la "recommandation en matière de développement urbain et de desserte de transport en commun" le seuil de 50 logements nouveaux pour disposer d'un arrêt de bus à moins de 400 mètres est soumis par la ville de Tarbes à un critère de "seuil de fréquentation": cela revient à dire que pour desservir un endroit il faut d'abord que ses habitants utilisent les transports en commun, ce qui est absurde ! Tous les exemples connus montrent au contraire que dans ce domaine c'est l'offre qui crée la demande et non l'inverse.

4) Concernant les "orientations en matière de développement commercial" (point 3.4.3) la ville de Tarbes refuse le blocage de la création de nouvelles grandes zones commerciales au-delà des zones réalisées ou programmées (c'est-à-dire celle de Séméac-Soues), plus spécifiquement elle refuse le blocage de l'extension commerciale le long de la RD 817 (rocade Ouest) adjacente à la route de Pau. Outre que ce double refus est incohérent avec la prétention affirmée de préserver le commerce de centre-ville, il alimente de fait l'inflation de la circulation routière sur un axe déjà saturé (la route de Pau) et suréquipé en matière commerciale.

 

Ainsi, dans ces 4 domaines des équipements publics, de l'habitat, de l'urbanisation et du développement commercial, la ville de Tarbes va à l'encontre du développement durable dont elle fait pourtant officiellement une de ses préocupations majeures.

Le ScoT et son Document d'Orientations Générales (DOG), en reprenant notamment les préconisations contenues dans les lois Grenelle 1 et 2, vont pourtant dans le bon sens, malheureusement freiné par toutes les restrictions introduites par les différentes communes, dont celle de Tarbes.

En tant qu'élu écologiste, je dénonce ces restrictions qui vont à l'encontre d'un véritable développement durable de notre territoire.

Cliquer ici pour l'avis des Verts sur le SCoT de septembre 2009


Publié dans Tarbes

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